Aparté: l'intelligence de la culture juive
L'intelligence de la culture juive, en quoi est-ce que ça consiste, précisément?
Il me semble que c'est assez difficile de réussir à bien cerner cette intelligence.
Historiquement, cette intelligence a été peu cultivée (les juifs étaient trop préoccupées par d'autres tâches, notamment la protection de l'étoile de David).
L'intelligence juive, ça consiste à manier les liens de confiance correctement: soit à les créer, soit à les détruire.
Nous allons voir, concrètement, en quoi consiste cette intelligence.
La société, c'est comme un flux: les gens prennent leur voiture le matin, vont au travail, et rentrent le soir.
Même lors des vacances, il y a des flux: on voit souvent des autoroutes bouchées, mais seulement dans un sens.
Ce flux, en fait, c'est une harmonie.
C'est une harmonie puissante, envoutante, entrainante.
Dans sa chanson "la foule",
Edith Piaf chante:
Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Écrasés l'un contre l'autre
Nous ne formons qu'un seul corps
Et le flot sans effort
Nous pousse, enchaînés l'un et l'autre
Et nous laisse tous deux
Épanouis, enivrés et heureux Qu'est-ce que ça signifie tout ça?
Tout ce flux, ça fait peser une pression sur les individus.
Si on ne prend pas garde, alors on est entraîné dans le tumulte de la société.
Et on perd une bonne partie de nos capacités.
Il y a besoin de ne pas être englouti par un tumulte puissant si on veut avoir une vision claire du monde, si on veut avoir de la lucidité.
Et l'intelligence juive, ça va consister à ne pas se laisser emporter par ce tourbillon puissant.
L'intelligence juive, ça va consister à rompre les liens de confiance d'avec ces gens qui nous entrainent.
Les exemples sont nombreux de la puissance du tumulte de la société:
- l'expérience de Milgram, qui prouve que de (trop) nombreuses personnes obéissent aveuglément quand elles sont directement soumises à une autorité
- au quotidien, dans les universités: les gens étudient et apprennent, sans toujours avoir un esprit critique (pendant longtemps, les malades psychiatriques étaient traités avec des électro-chocs)
- le syndrome de Stockholm
L'harmonie est une intelligence, et c'est quelque chose de puissant.
Les gens essaient parfois de se servir de cette puissance: ils se fondent dans la masse, ils "font comme les autres".
Mais c'est une puissance qui les dépasse.
Et dans les moments difficiles, ils n'arrivent plus à s'en soustraire.
Ils sont condamnés à suivre le masse, à faire comme les autres.
C'est quelque chose de préoccupant.
Mon avis, c'est que les gens doivent apprendre à tricher, et ils doivent apprendre à rompre des liens de confiance.
C'est le seul moyen de maîtriser cette force qu'est l'harmonie.
Arielle Adda parle bien de ce sujet.
Elle trouve les bons mots pour parler de cette lutte face à des flux puissants et souvent dangereux qui ont tendance à nous entraîner.
Voici ce qu'elle dit:
"Le parcours initiatique, il faut faire sa propre route, à coups de machette, il faut penser qu'on se la construit.
Et c'est fatiguant, c'est épuisant.
L'arrivée en vaut la peine, parce que c'est quelque chose qui a été conquis un peu de haute lutte.
Et c'est quand même bien de se retrouver entre personnes qui ont suivi un parcours identique, un parcours semblable."https://www.youtube.com/watch?v=2vLaewrjjkQ&t=1710Il faut rompre certains liens de confiance qui n'ont pas lieu d'être.
Il faut oser être seul.
Il faut ne pas se laisser submerger par le désir d'être populaire et de mener une existence facile.
Il faut oser s'intéresser à la musique, au sport, et aux différentes sciences.
Il faut oser faire tout ça, et c'est un travail difficile.
Le premier aspect de l'intelligence juive, c'est donc d'être capable de détruire des liens de confiance pour ne pas être entraîné par des flux puissants et dangereux.
Le deuxième aspect de l'intelligence juive, c'est d'être capable de construire des liens de confiance puissants.
Et c'est plus difficile qu'on ne pourrait le croire.
Le premier élément, c'est de se soucier du contexte.
En plein milieu d'un combat, on peut aller voir notre ennemi, et décider d'un arrangement amiable pour arrêter le combat.
La vérité, c'est que ça a peu de chances de fonctionner.
Et même si ça fonctionne, le lien de confiance sera faible et court.
Par exemple, pendant la 1ere guerre mondiale, il y a eu le cas de trêves non officielles qui ont eu lieu.
Vous pouvez lire l'article Wikipédia à ce sujet:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%AAve_de_No%C3%ABlLe deuxième élément, c'est de se soucier du type de contrat qui est utilisé pour créer le lien de confiance.
Dans la société, il y a régulièrement des chantages affectifs.
Par exemple, une jolie fille demande à son petit ami de signer une pétition alors qu'il n'adhère par à l'idéologie.
Par exemple, si un mangeur de steaks professionnel signait une pétition pour arrêter l'élevage intensif de bœufs par souci d'écologie, sa signature aurait une faible valeur.
Le troisième élément, c'est de se soucier de la fiabilité de notre interlocuteur.
Est-ce que notre interlocuteur est une personne respectable et honorable?
(ou est-ce un pirate recherché par les autorités?)Est-ce que notre interlocuteur est un Homme de parole?
En règle générale, avant de créer un lien de confiance,
il faut vérifier que l'autre soit capable de prendre un engagement.
Par exemple, si la personne en face de nous est un vieillard, malade et faible, alors peu importe ce qu'il pourra dire, le contrat établi aura peu de valeur.
Il est trop faible.
Quel que soit le contrat pris avec cette personne, ce contrat serait faible.
La proximité de la mort est un handicap.
Imaginez qu'un vaisseau extra-terrestre atterrisse, et lui propose une vie éternelle où il serait jeune et beau (comme dans Cocoon), il y aurait toutes les chances pour qu'il accepte, et qu'il oublie toutes les promesses qu'il a faites dans le passé.
Le quatrième élément, c'est de savoir convaincre.
Il faut que celui avec qui on crée un lien de confiance ait la force des convictions.
Si il crée un lien de confiance avec nous, mais par défaut d'un meilleur choix, alors le lien sera faible.
Il faut la force des convictions.
Et pour cela, un élément important, c'est de savoir manipuler la connaissance.
Créer correctement des liens de confiance, et les rompre correctement, c'est un travail chargé.
C'est un travail important.
Il y a beaucoup de boulot à accomplir.
Ce n'est pas aussi simple que d'y aller à l'instinct.
Pour manipuler correctement les liens de confiance, il faut faire l'effort d'arriver au stade de conscience.
Quels sont les objectifs?
Quels sont les procédés?
Est-ce que notre correspondant a la même désir que nous de remplir la mission?
Ce sont trois questions importantes auxquelles il faut avoir une réponse, pour être sûr que le lien de confiance est solide.