Quote (TaGueule @ 13 Mar 2011 02:18)
127h aussi. Mais bon, on s'y attendait ...
Et bah non justement, au départ je vois danny boyle, je me dis cool. (même si slumdog millionaire....)
Le défi du film, c'est de filmer un personnage unique dans un lieu unique pendant 1h30. Qu'est ce qu'on peut faire avec ça?
Super sujet de cinéma, d'autant plus que l'histoire est réelle, donc gros avantage pour restranscrire des émotions réelles et non surfaites. Permet aussi d'introduire certains aspects de résistance physique, toujours agréable à mettre en scène au cinéma.
LE gros problème du film c'est son réalisateur, qui fait tout pour éviter de rentrer dedans.
Je m'explique.
Danny Boyle cherche pendant tout le film un moyen de s'échapper du sujet. Alors que d'autres films comme Seul au Monde tourne 80% du film sur le sujet (comment je survis tout seul sur une île déserte), 127 heures cherche à s'éloigner dès que possible de la réalité crue et cruelle de la situation. Choix du réalisateur vous pouvez me dire, tentative d'expression du "justement, le seul moyen de survivre, c'est de s'échapper de la situation par quelque moyen qu'il soit, même mentalement".
Pourquoi pas. Mais reste à voir comment le film s'écarte du lieu : flashback, rêves (olol je tourne 15 minutes sur comment je m'échappe miraculeusement, ah non en fait je révais, zut.), humour moisi,...
Le film cherche pendant tout le long à combler le vide entre le début et le moment fatidique, déjà annoncé dans le synopsis, où le gars se charcute le bras.
On connait donc la fin. Comment je fais pour tenir en haleine mon spectateur?
Réponse de Danny : "flashback, rêves (olol je tourne 15 minutes sur comment je m'échappe miraculeusement, ah non en fait je révais, zut.), humour moisi,.." + acteur qui sombre dans le délire.
Su-per. Alors qu'on pourrait avoir un grand cours de cinéma sur le glissement pendant 127 heures d'un personnage vers la folie mais aussi son extrème lucidité dans son acte salvateur, on se tape un film découssu. Un film-clip.
Un brin de flashback, un peu de délire "je me filme tout seul",...
Tous les aspects de la résistance physique et mentale sont zappé (sauf une petite scène où il a froid la nuit, merci Danny).
Au final on a 1h20 où aucune progression n'est montrée, et où on a juste essayé de nous faire passer ces 80 minutes inutiles parce que après tout, on veut voir comment le gars s'en sort, comment le réalisateur s'en sort, comment il gère la scène finale.
Et donc scène de charcuterie.
Visuellement Danny se sent obligé de nous montrer la boucherie. Dommage. Le travail sur les sensations (quand il se coupe un nerf par ex) sont plutot pas mal rendu avec l'ambiance sonore (calme vs sons stridents). Mais pourquoi en rajouter?
Autant on comprend tout de sa douleur avec le bruitage, autant dès que la caméra se tourne pour montrer le bras charcuté, je ne peux que penser au nanard.
Au final, à part deux trois effets marrants dans le film (le truc du soda que j'ai trouvé très bon par ex), y'a rien de bon à garder.
Voilà ma review