Messieurs les chauffeurs de taxi, je vous convoque à un entretien préalable avant licenciement.
Ce matin 8h15, place Denfert Rochereau, j’accompagnais mon fils au brevet des collèges, c’est son premier examen, il est important dans la vie d’un adolescent, et je me retrouve, en scooter bloqué sur cette place par des taxis stationnés en travers de la place.
De chauffeurs de taxi au torse bombé se mettent face à moi les bras en croix en disant « on ne passe pas », je me retourne vers les agents de la force publique, les yeux dans le vide, me confirmant que le préfet de police a autorisé ce blocage…je ne manquerai pas de vérifier parce que ça m’étonnerai….
Obligé de descendre de mon scooter pour le pousser, cette horde au torse bombé commence a toucher à mon véhicule, en coupant le contact, je proteste : « ne touchez pas à mon véhicule » on me répond avec classe : « c’est a ta gueule qu’on va toucher si tu continues »
Je me retourne médusé vers les agents de police, en soulignant qu’il s’agit de menaces physiques, ils me conseillent de pousser mon scooter sur le trottoir et ne de pas envenimer les choses : c’est vrai que c’est provoquant un père qui accompagne son fils a l’épreuve du brevet.
Les chauffeurs en profitent pour glisser leurs pieds sous les roues de mon véhicule, pour prouver mon comportement agressif et montrer que J’AI tenté de les agresser.
J’ai fini par prendre la place Denfert Rochereau à contresens, sous le regard bienveillant des agents de la force publique soulagés que le délinquant que je suis prenne ainsi la fuite et n’agresse pas une fois de plus ces pauvres victimes du système.
Vous voyez, messieurs les chauffeurs de taxi, il faut de la mesure et de la cohérence : comment pouvez vous être crédibles quand vous criez au voleur avec tant de violence alors que visiblement la loi est (etait ?) de votre côté, et qu’en même temps vous vous comportez avec autant d’irrespect, de corporatisme aveugle, sans penser d’abord aux autres, parce qu’en bon prestataire de service, vous étiez censés être tournés vers les autres.
Comment vous croire quand vous arrivez avec 12€ au compteur quand on a commandé un taxi, comment vous croire quand vous empêchez de mettre en place la géolocalisation de vos véhicules en temps réel accessible à vos clients… les clients c’est nous.
D’ailleurs les patrons c’est nous aussi… eh oui, le vrai patron c’est le client. Moi, je suis chef d’entreprise, et moi aussi je souffre de concurrence d’internet, des chinois…tout ça… et le ne brule rien, je ne menace personne mais je m’adapte et je gagne même mieux ma vie :je vends mes produits et services très chers parce que j’apporte de la valeur ajoutée à mon service… et personne, jamais, dans votre profession ne s’est posé la question de la valeur ajoutée : rapidité ? confort ? simplicité ? cout ? non ! rien de tout ça n’existe chez vous.
Trop contents de freiner chaque feu VERT à 5h du matin en esperant qu’il va passer au rouge, dans les rues désertes de Paris, me sachant préssé, et argumentant : « on ne va quand même pas avoir un accident », trop contents de charger le double de bagages sous prétexte qu’ils sont très gros, trop contents de pas prendre l’itinéraire que je vous suggère en beuglant que c’est vous le professionnel, trop content de ne pas prendre la CB ou alors de majorer le prix de 5€… pour n’avoir que des espèces…peut être pour ne pas payer trop d’impôts… comme Uber par exemple ?
Alors tu vois, messieurs les chauffeurs, à la suite de cet entretien préalable à un licenciement, vos explications de ce matin ne m’ont pas permis de changer d’avis à votre sujet et j’ai le regret de vous dire que vous êtes licencié. Vous voudrez bien vous adapter aux changements de notre société, de notre côté, nous les « partons-clients » nous assurerons qu’il n’y aura pas de piratage de nos impôts par des sociétés américaines… promis !
Courageux, monsieur, vous avez tourné le dos lorsque j'ai sorti mon téléphone après vos menaces physiques.