C'est bien ça le problème, comme tu le dis la phobie n'est pas rationnelle, le remède est donc d'être rationnel (oui c'est pas facile à faire quand on est barré, mais non ça n'est pas impossible). Le gars ou la nana qui a peur des araignées, tu peux pas lui demander directement de se laisser balader des araignées sur son corps, mais tu peux y aller petit à petit en commençant par la vue d'une araignée sous un verre, ensuite tu lui fait poser la main à côté du verre (pas forcément le même jour), puis t'enlèves le verre, puis tu lui fais poser la main à côté d'une araignée libre etc. au final tu élimines peut-être pas totalement la phobie mais tu rationalises ta peur et tu élimines ainsi l'handicap social qu'elle peut créer.
Quote
Il y a absolument rien de carré, figé ou protocolaire dans la psycho, si toi tu as pu t'en sortir il y en a qui vont être vraiment incapables d'arrêter. Et le trouble compulsif peut être bien plus prononcé que ça. On voit des gens bloquer complétement parce que quelque chose ne va pas dans le déroulement de leur plan. Et je parle bien de blocage, à la fois mentale et motrice, l'angoisse est énorme et la personne se fige complétement pendant plusieurs minutes à tenter de gérer la situation, ça existe, c'est pas une légende pour faire rire les curieux qui découvrent ça d'un air amusé.
Quand on veut, on peut, c'est valable pour à peu près tout en psychologie. Si le patient n'a pas la volonté assez forte pour contrebalancer son trouble, c'est sur ça qu'il faut travailler une fois le diagnostique clairement établi. Après c'est juste mon point de vue et je peux être à côté de la plaque, mais ça m'étonnerait étant donné qu'avec de la volonté et de la connaissance de soi on peut arrêter son coeur, modifier sa température corporelle, "guérir" d'une schizophrénie (vivre plus ou moins normalement sans médocs) etc., les phobies en comparaison c'est de la gnognotte
Quote
T'es d'une intolérance, le gars se rend pas compte. Dans les grosses crises ce sont des états de souffrance terrible ou la personne n'a plus aucune idée de qui elle est et généralement ils vont aller se rechercher une identité à la télé ou dans la bible. Mais il y a des processus qu'on appelle processus secondaires qui sont totalement défaillants, toi tu sais en permanence à peu près qui tu es, ou tu es, quand tu es et tout ce que tu ne prends plus la peine de prendre en considération ; eux ne savent absolument rien de tout ça.
Oui je suis très intolérant vis-à-vis des "maladies" mentales, il faut que je fasse gaffe à ça mais c'est pas pour rien que j'ai un point de vue aussi négatif sur la question. Je connais pas mal de "malades" dans mon entourage qui ont connu tout un tas de problèmes sociaux et judiciaires et la plupart essayent régulièrement de me faire croire qu'ils ne sont pas responsables de leur état et donc de leurs actions. Pour le premier point oui, pour le second non. Quand tu butes des gens tu le sais, même quand t'es schizophrène, par contre ils aiment bien amplifier leur délires pour obtenir un non-lieu du tribunal mais la vérité c'est qu'au moment de l'actions, ils étaient au courant au fond d'eux de ce qu'ils faisaient, ils ont juste fait le choix de fermer les yeux/baisser les bras et de laisser libre court à leur maladie (sans guillemets pour le schizo). Pareils pour les bipolaires, quand ils tapent des crises et se mettent à tout casser ou à chialer sans raison, bordel ressaisit toi tu vois pas que t'as du monde chez toi et que tu te donnes en spectacle ? Bien sûr que si, sauf qu'ils savent qu'ils sont considérés comme malades par la société et que ce comportement est donc jugé tolérable et qu'ils n'ont donc momentanément plus besoin de combattre leur condition
Le fait de perdre ses repères spatio-temporels est déconcertant mais absolument pas suffisant pour déresponsabiliser l'individu.
Quote
Au niveau psychisme la schizophrénie décompensée c'est vraiment le cas ou y'a plus rien... alors la personne bricole un truc à partir de ce qu'elle voit. Ca va faire vulgarisation à la matrix alors j'aime pas trop ça mais la difficulté pour ces personnes de prendre conscience de leur trouble est à peu près la même que si je te disais que tu es le messie et que tu as une mission à accomplir. Tu peux essayer de t'en convaincre tu n'y arriveras jamais, dis toi bien que pour ces personnes c'est la même chose, ils sont absolument convaincus de leur réalité. Là encore l'idée de base c'est de les rappeler sans cesse à la réalité et de casser leur délire, c'est n'importe quoi, ils vont juste se braquer et se persuader un peu plus qu'ils sont la seule personne censée sur terre.
La différence c'est que je sais que je ne peux pas être le messi puisque c'est débile comme idée alors que la schizophrénie est une maladie largement documentée même si encore méconnue. On connait les causes possibles, on connait les symptomes, on sait établir un diagnostique différentiel quand c'est nécessaire, bref on a tout ce qu'il faut pour expliquer par A+B à quelqu'un pourquoi il est différents de ses congénères et ce sur quoi il doit travailler pour se fondre dans la masse.
Par contre je suis pas d'accord avec ce que tu dis en dernier. J'ai connu deux schizo dans ma vie et les 2 savaient très bien la différence entre réalité et rêves même si c'était pas net. Justement leur crainte était de ne plus pouvoir faire la différence. Après p'têt que y'en a qui peuvent pas la faire mais ça m'a l'air d'être un cas aussi extrême et développé que rare, je me baserait pas dessus pour généraliser sur l'entiereté de la population schizo