Quote (You2 @ Dec 21 2014 03:51pm)
Tu opposes désir et besoin dans une vision un peu manichéenne à mon goût, il y a de nombreux désirs et besoins différents, certains étant très proches. Par exemple on peut subdiviser les besoins selon qu'ils soient vitaux (se nourrir, boire, dormir) ou primaire (relations sexuelles, exprimer ses émotions) ou secondaires (le besoin de vivre décemment, celui de s'extirper de sa condition sociale, etc.) ce qui rejoint la notion de désir primaire (le désir d'être heureux, d'être libre, d'être épanoui). Foncièrement, seuls les besoins vitaux sont nécessaires, est-ce que ça veut dire qu'on doit se passer de tous les autres ? Certainement pas ! Tout homme a le droit d'aspirer à vivre libre et heureux, la seule restriction étant de ne pas empiété sur celui d'autrui, autrui ne comprenant pas la vie animale au même degré que la vie humaine, la première n'étant pas consciente de sa propre existence.
Comme je disais à gus, je peux te prouver qu'il est possible de vivre comme Diogène dans un tonneau en ayant abandonné toute possession matérielle ou à la spartiate, est-ce que ça veut dire que tout le monde doit faire comme moi au nom de la lutte contre le capitalisme, du respect de la vie animale ou quoi que ce soit d'autre de moralement très louable ? En quoi est-ce qu'une personne qui ne partage pas cette opinion serait moralement condamnable ?
J'admets que j'me suis un peu mal exprimé mais ce que je voulais mettre en avant c'est plutôt le fait que l'homme a accès à un degré de conscience supérieur à l'animal, ce qui le rend responsable de ses actes, contrairement aux animaux qui agissent plutôt par instinct.
La culpabilité étant à ma connaissance, une caractéristique singulièrement humaine découlant de ce degré de conscience.
Or c'est un peu de ça dont il est question: Qu'est-ce qui nous permet de poser un acte de vie ou de mort sur une espèce "inférieure" à partir du moment où celà devient un luxe? Et est-ce qu'on doit éprouver de la culpabilité à le faire ?
Si on décide que non, parce qu'en tant qu'espèce supérieure on a le droit de faire prévaloir cette hiérarchie , ce n'est pas répréhensible moralement et on continue à se nourrir d'animaux (on atténue quand même leurs souffrances parce que le système actuel est injustifiable). Basta.
Si on décide que oui, on remet en question la place de l'homme dans la nature. Sommes-nous justement une espèce supérieure ou juste d'une intelligence supérieure. A-t-on le droit de disposer du vivant à notre guise sous prétexte qu'on en a la capacité ou cette intelligence nous astreint-elle justement à limiter notre pouvoir de domination sur les autres espèces ?
Il ne s'agit pas de faire un parallélisme rapide entre vie humaine = vie animale, mais plutôt de se poser la question de savoir si, comprenant la notion de vie, nous sommes en droit de la détruire.
edit: C'est vrai que j'ai une vision manichéenne du désir et du besoin. Le besoin étant ce dont on ne peut se passer, le désir, tout ce ce qu'on peut refréner par la raison.
Edit 2: J'me permets de faire une petite parenthèse pour dire que, bien que les plantes soient aussi en vie, je tiens pas du tout le même type de discours pour celle-ci. C'est donc plutôt incohérent comme logique. Ca doit être lié à des notions de souffrance qu'elles n'ont pas, ou le fait qu'il soit plus difficile de se projeter sur un être inanimé, qqch du style.
This post was edited by TaGueule on Dec 21 2014 09:52am