Blasphème
D’une princesse d’Orient, mon cœur est l’otage
Tout autour de nous, hurle l’orage
Les regards haineux s’abattent en éclairs
Et nous prédisent les feux de l’enfer
Ils nous accusent du crime de luxure
De l’odieux parjure d’un hymen impur
Car ils m’accusent de corrompre ma Belle
Coupable à leurs yeux d’être une infidèle
Si seulement (si seulement) ils pouvaient se taire
Si souvent (si souvent) leurs paroles m’atterrent
Si seulement (si seulement) ils ouvraient les yeux
Alors ils verraient un cadeau des Cieux
Qui transperce mon âme comme tombe la foudre
Et ils voudraient nous voir nous absoudre
Car pour eux notre amour est blasphème
Et ils maudissent la femme que j’aime
Chacun ses croyances, sa foi, son Dieu
Jamais je ne croirai que les miens sont mieux
Personne ne m’impose le sens du mot pieux
La seule voix que j’entends descend des cieux
Elle s’exprime en douceur, au creux de mon cœur
Et chasse les chants remplis de rancœurs
Des signes indicibles parsèment ma route
Parfois je les vois et s’envolent mes doutes
Naissent des certitudes, belles et profondes
Sur lesquelles ma vie toute entière se fonde
Enigme amoureuse, évidence d’une quête
Qu’importe que nous n’ayons le même prophète
J’efface les frontières du bien et du mal
Quand je m’abandonne comme un animal
Quand j’offre à ma reine mon âme éperdue
L’hymne à la haine d’avance est perdu
Qu’ils parlent, qu’ils se voilent la face
Quand ils voient notre union comme une menace
Qu’ils parlent, qu’ils m’appellent mécréant
Quand leurs prières noires ne s’adressent qu’au néant
Qu’ils parlent, qu’ils nous traitent de profanes
Quand ils sont aveuglés par l’aura du Shaytân
Qu’ils parlent, qu’ils aiguisent leurs hantises
Quand ils croient que l’amour est un mal que j’attise
Qu’ils parlent, qu’ils condamnent nos rêves
Quand ils pensent qu’Adam est indigne de leur Eve
Qu’ils parlent, qu’ils nous jettent l’anathème
Quand ils jugent notre couple comme le pire des blasphèmes
Qu’ils parlent, qu’ils partent même en croisade
Je n’entends que les notes d’une divine sérénade
J’aime avec la puissance d’un cyclone qui s’abat
Car je suis le Roi de la Reine de Saba