d2jsp
Log InRegister
d2jsp Forums > Off-Topic > International > Français > Elections Départementales
Prev1319320321322323491Next
Add Reply New Topic New Poll
Member
Posts: 948
Joined: Dec 9 2015
Gold: 501.00
Apr 19 2016 11:36am
Quote (F34RG0D @ Apr 19 2016 01:43pm)
truc marrant que j'ai lu sur facebook

à Marck le maire veut mettre en place pour les jeunes le deal suivant:

la mairie leur paye tout ou partie de leur permis de conduire
en échange ils font des heures de bénévolat ou ils aident une association

qu'est-ce que vous en pensez?

(moi je trouve ça super bien)


ouais ça c'est un bon plan de ouf normal! comment on peut s'y opposer!
Member
Posts: 606
Joined: Dec 30 2013
Gold: 0.50
Apr 19 2016 11:56am
Quote (F34RG0D @ Apr 14 2016 04:39pm)
oui les égyptiens étaient bien plus intelligents que nous à l'époque, je ne le nie pas. Par contre la fin c'est pas vrai, n'importe quel pays peut les reproduire, c'est juste que ça n'a aucun intérêt...
pour le reste il y a beaucoup de si. Or tout ce que tu dis n'est pas arrivé, c'est bien la preuve que la réalité est à l'opposé de ce que tu déclares.


C'est faux, j'ai regardé taquet d'émissions sur les pyramides et à chaque fois les "experts" interrogés insistaient sur le fait qu'en utilisant les mêmes moyens technologiques, les mêmes matériaux, on était incapable à l'heure actuelle de les reproduire (et qu'elles tiennent autant).
Member
Posts: 27,372
Joined: Aug 17 2006
Gold: 4.98
Apr 19 2016 02:33pm
tin ça parlait de pyramide j'ai cru que ça allait devenir intéressant plus de deux posts, mais en fait :'(
Member
Posts: 18,949
Joined: Jun 15 2008
Gold: 3.42
Apr 19 2016 02:47pm
Quote (Melatonina @ Apr 14 2016 02:50pm)
Ouvre des bouquins alors, les pyramides datent d'au moins 2500 ans (voir bien plus encore selon certains) et encore aujourd'hui tes amis blancs ne savent pas les reproduire, même à échelle réduite ...

Si on avait pas colonisé les pays du sud il est évident qu'à l'heure actuelle on serait moins riche qu'eux, et donc moins intelligents puisque comme tu le sais si bien, l'intelligence c'est la somme de tes avoirs en papier-monnaie.

Si on va un peu plus loin dans ce raisonnement, je pense qu'il est sain d'affirmer que dans cette société "inversée" tu serais à peine arrivé au statut de tireur de pousse-pousse. (respect ceci étant dit à tous ces taxis manuels)



Si on a réussi à les coloniser c'est grâce à une avance technologique énorme déjà à l'époque wtf... J'ai vécu plusieurs années au Burkina Faso, tu te rends pas compte de ce que tu dis.
Member
Posts: 24,875
Joined: Jun 4 2007
Gold: 1,708.00
Apr 19 2016 04:02pm
Quote (Ambrobro @ Apr 19 2016 05:56pm)
C'est faux, j'ai regardé taquet d'émissions sur les pyramides et à chaque fois les "experts" interrogés insistaient sur le fait qu'en utilisant les mêmes moyens technologiques, les mêmes matériaux, on était incapable à l'heure actuelle de les reproduire (et qu'elles tiennent autant).


oui
Member
Posts: 7,238
Joined: Apr 12 2011
Gold: 573.00
May 16 2016 03:03pm
La France a fait le choix de l’inactivité. Telle est la thèse de Jean-Olivier Hairault dans son dernier ouvrage qui parait jeudi, Ce modèle social que le monde ne nous envie plus (Editions Albin Michel). En voulant éviter le chômage, en veillant à préserver les salaires élevés, en refusant de créer des emplois peu qualifiés car jugés « indécents », nous avons récolté l’exact contraire. Le chercheur passe au crible tout ce qui a contribué à abîmer notre sacro-saint modèle social : le cercle vicieux du travailler toujours moins, les 35 heures, la retraite à 60 ans… L’Opinion dévoile les bonnes feuilles de cet essai passionnant. Fanny Guinochet
Le refus des « petits boulots »
Comment préserver la profitabilité des emplois à faible productivité lorsque le salaire minimum est relativement élevé ? Comment s’assurer de l’intérêt du travail dans des métiers souvent difficiles, mal payés, quand l’inactivité offre des conditions de revenu peu différentes ? L’ensemble des pays développés se sont trouvés confrontés à ces deux questions fondamentales, avec une intensité certes différente selon la générosité initiale de leur Etat providence. Ils vont y répondre selon une logique similaire, en mettant l’accent sur la sortie coûte que coûte de l’inactivité et du chômage, quitte à revoir à la baisse la générosité de leur modèle social. La France va se singulariser en résistant à ce qui est considéré comme une régression sociale, en tenant bon sur l’existence d’un salaire minimum et de minima sociaux relativement élevés, se protégeant avec ces deux verrous de la déferlante des « petits boulots » et de son lot d’inégalités.
Il existe un vrai dilemme, qu’il n’est d’ailleurs pas forcément souhaitable de régler toujours en faveur de l’emploi coûte que coûte. Mais il faut rejeter aussi bien l’idée que le salaire minimum et des minima sociaux relativement élevés seraient sans conséquence sur l’emploi que celle qui accepte sans état d’âme une paupérisation croissante dans le monde du travail au nom de l’emploi à tout prix. Certains peuvent se féliciter de l’expérience allemande à nos frontières depuis les réformes de Gerhard Schröder, avec sa réussite en termes de chômage, d’autres la regretter, face à la montée des working poor. C’est un arbitrage qui mérite d’être discuté et tranché de façon démocratique.
Un choix assumé ?
Certains continuent de (faire) croire que le salaire minimum n’est pas un problème pour l’emploi en France. Cela est vrai pour bon nombre de métiers, mais les expériences étrangères montrent qu’en l’absence d’un salaire minimum contraignant, on voit se créer de nombreux emplois à bas salaires. Les réformes Schröder ont fait sauter le verrou des emplois à (très) bas salaires en Allemagne : ces derniers se sont alors multipliés, au prix d’une hausse des inégalités salariales, à laquelle nous avons également assisté outre-Atlantique. Les working poor sont maintenant une réalité en Allemagne, mais le chômage atteint un minimum historique. Ainsi, plus de 17 % des salariés allemands gagnent moins de 8,50 euros de l’heure, le niveau du futur salaire minimum prévu pour 2015. C’est particulièrement le cas pour les Allemandes qui travaillent en outre souvent à temps partiel, surtout lorsqu’elles ont des enfants à charge. Les « minijobs » n’offrent au maximum que 400 euros net par mois pour un temps partiel, en moyenne à 5 euros brut de l’heure, sans droits à la retraite, et ils se sont développés de façon importante dans les secteurs de la restauration et du commerce. Ils concernent respectivement plus de 60 % et de 40 % de l’ensemble des employés de ces deux secteurs.
La société française n’a pas toujours conscience qu’elle refuse de façon récurrente de faire baisser le chômage en créant des emplois qu’elle juge indécents. Nous n’avons rien essayé, peut-être à juste titre, mais souvent en refusant de considérer a priori cette alternative ; non en raison de la contradiction réelle entre égalité et emploi, mais au contraire en raison d’une supposée absence de contradiction, selon une logique keynésienne mal comprise par laquelle un salaire minimum élevé permettrait de soutenir le revenu des travailleurs pauvres et donc leur consommation. En réalité, rien n’assure que ces revenus se traduisent par une demande plus élevée dans les secteurs employant au salaire minimum, a fortiori si dans ces derniers les entreprises doivent augmenter fortement leur prix de vente pour répercuter les coûts salariaux. Sans hausse forte de la productivité, il ne reste à la fin qu’un handicap souvent insurmontable.
En vérité, le chômage des travailleurs les moins qualifiés est un choix, pas une fatalité. Il n’est pas vrai que des salaires très faibles ne permettent pas de réduire le chômage, lorsque ce dernier est d’abord un phénomène qui touche les travailleurs les moins qualifiés. Ce point doit d’abord être reconnu pour poser le débat sur des bases claires. Confrontés à l’expérience allemande, ceux qui sont les plus réfractaires à une baisse du smic ont dû se ranger à l’évidence : oui, l’absence de salaire minimum en Allemagne a bien permis d’augmenter l’emploi dans le secteur des services, participant fortement à la baisse du taux de chômage. Ils sont finalement contraints de dévoiler le fond de leur conviction : non, ce n’est pas acceptable compte tenu de la faiblesse des salaires versés et du développement des temps partiels, qui augmentent le nombre de working poor. D’une certaine façon, l’expérience allemande, très médiatisée en France, permet de faire tomber les masques et doit permettre d’imposer un débat explicite. Ce débat douloureux doit s’ouvrir sans a priori, sans nécessairement vouloir trancher dans le même sens que nos voisins allemands.
Comme toujours, on aimerait qu’une alternative à ce dilemme soit possible, la sortie par le haut dont on rêve, l’alternative où les travailleurs non qualifiés se transformeraient en travailleurs qualifiés. On peut bien sûr le regretter, mais c’est un fait : cette situation rêvée n’existe pas en réalité.
Un salaire minimum élevé pour quelle finalité ?
Il est frappant de constater que les trois pays industrialisés les moins inégalitaires, la Finlande, le Danemark, la Suède, n’ont pas de salaire minimum légal. D’ailleurs, il n’y a pas eu de baisse significative du taux de pauvreté en France au cours des années 2000 pendant lesquelles le smic a le plus augmenté, aussi bien en termes de pouvoir d’achat que relativement au salaire médian. Comme le soulignent Pierre Cahuc, Gilbert Cette et André Zylberberg, le sort des pauvres dans la population dépend de leur situation face à l’emploi. En France, le salaire minimum permet de sortir de la pauvreté ceux qui travaillent, au moins à temps plein, mais accentue la pauvreté en dehors de l’emploi, de façon moins visible, en diminuant la possibilité de revenir à l’emploi pour les non-qualifiés. C’est donc un choix très fort et symbolique que de maintenir ceux qui travaillent hors de la pauvreté, au risque d’augmenter celle des autres restés en dehors de l’emploi.
Comment expliquer ce choix en France ? Plus que la réduction des inégalités entre individus, le salaire minimum est perçu comme un soutien au pouvoir de négociation des travailleurs par rapport aux entreprises, une façon de peser sur le partage salaire-profit, puisque le niveau du smic pousse en fait à la hausse l’ensemble des salaires en France. Le débat autour du smic et sa virulence ne peuvent se comprendre en dehors d’un contexte où la thématique marxiste de l’exploitation du travail par le capital pèse de tout son poids. Travailler pour trop peu, c’est se faire exploiter d’autant plus. Le salaire minimum cristallise cette histoire sociale et la France fait figure d’exception dans le monde développé : la précarité par le chômage et l’inactivité y sont acceptées, mais elles sont beaucoup plus tolérables que les inégalités de salaires, car ces dernières portent la marque de la perte de pouvoir des travailleurs face au capital. D’une certaine façon, la société française semble accepter comme une fatalité les inégalités hors du marché du travail alors qu’elle voit dans les inégalités de salaires la responsabilité insupportable du capitalisme et la preuve de l’exploitation du travail par le capital.
Dans cette vision, l’emploi ne serait pas menacé car la profitabilité des entreprises ne serait que réduite, aucunement détruite. Logiquement, aucune intervention publique ne devrait alors chercher à aller à l’encontre de ce choix. Or, ce n’est pas le cas. Les gouvernements, depuis vingt ans, par souci légitime de compenser les effets du salaire minimum sur l’emploi, se retrouvent embarqués dans une politique d’exonérations de charges patronales sur les bas salaires. Depuis 1993, la France mène ainsi une politique de réduction du coût du travail qui a conduit finalement à enlever la plus grande part des cotisations sociales patronales au niveau du smic, ces exonérations diminuant ensuite progressivement pour finir par s’annuler à un salaire égal à 1,6 smic. Il faut naturellement compenser ces moindres recettes pour les caisses de l’État providence par davantage de prélèvements sur les ménages à travers un basculement des cotisations sociales vers l’impôt des ménages, la contribution sociale généralisée (CSG) en particulier. Cette politique conduit à un transfert de plus 20 milliards d’euros des ménages vers les entreprises.
On ne mesure pas toujours combien l’existence d’un salaire minimum élevé entraîne toute une série de prélèvements sur les ménages. Au final, le salaire minimum est « payé » en partie par les ménages, en fait comme une prime d’assurance contre le risque de pauvreté au travail.

superbe
Member
Posts: 24,875
Joined: Jun 4 2007
Gold: 1,708.00
May 16 2016 05:46pm
Quote (F34RG0D @ May 16 2016 09:03pm)
La France a fait le choix de l’inactivité. Telle est la thèse de Jean-Olivier Hairault dans son dernier ouvrage qui parait jeudi, Ce modèle social que le monde ne nous envie plus (Editions Albin Michel). En voulant éviter le chômage, en veillant à préserver les salaires élevés, en refusant de créer des emplois peu qualifiés car jugés « indécents », nous avons récolté l’exact contraire. Le chercheur passe au crible tout ce qui a contribué à abîmer notre sacro-saint modèle social : le cercle vicieux du travailler toujours moins, les 35 heures, la retraite à 60 ans… L’Opinion dévoile les bonnes feuilles de cet essai passionnant. Fanny Guinochet
Le refus des « petits boulots »
Comment préserver la profitabilité des emplois à faible productivité lorsque le salaire minimum est relativement élevé ? Comment s’assurer de l’intérêt du travail dans des métiers souvent difficiles, mal payés, quand l’inactivité offre des conditions de revenu peu différentes ? L’ensemble des pays développés se sont trouvés confrontés à ces deux questions fondamentales, avec une intensité certes différente selon la générosité initiale de leur Etat providence. Ils vont y répondre selon une logique similaire, en mettant l’accent sur la sortie coûte que coûte de l’inactivité et du chômage, quitte à revoir à la baisse la générosité de leur modèle social. La France va se singulariser en résistant à ce qui est considéré comme une régression sociale, en tenant bon sur l’existence d’un salaire minimum et de minima sociaux relativement élevés, se protégeant avec ces deux verrous de la déferlante des « petits boulots » et de son lot d’inégalités.
Il existe un vrai dilemme, qu’il n’est d’ailleurs pas forcément souhaitable de régler toujours en faveur de l’emploi coûte que coûte. Mais il faut rejeter aussi bien l’idée que le salaire minimum et des minima sociaux relativement élevés seraient sans conséquence sur l’emploi que celle qui accepte sans état d’âme une paupérisation croissante dans le monde du travail au nom de l’emploi à tout prix. Certains peuvent se féliciter de l’expérience allemande à nos frontières depuis les réformes de Gerhard Schröder, avec sa réussite en termes de chômage, d’autres la regretter, face à la montée des working poor. C’est un arbitrage qui mérite d’être discuté et tranché de façon démocratique.
Un choix assumé ?
Certains continuent de (faire) croire que le salaire minimum n’est pas un problème pour l’emploi en France. Cela est vrai pour bon nombre de métiers, mais les expériences étrangères montrent qu’en l’absence d’un salaire minimum contraignant, on voit se créer de nombreux emplois à bas salaires. Les réformes Schröder ont fait sauter le verrou des emplois à (très) bas salaires en Allemagne : ces derniers se sont alors multipliés, au prix d’une hausse des inégalités salariales, à laquelle nous avons également assisté outre-Atlantique. Les working poor sont maintenant une réalité en Allemagne, mais le chômage atteint un minimum historique. Ainsi, plus de 17 % des salariés allemands gagnent moins de 8,50 euros de l’heure, le niveau du futur salaire minimum prévu pour 2015. C’est particulièrement le cas pour les Allemandes qui travaillent en outre souvent à temps partiel, surtout lorsqu’elles ont des enfants à charge. Les « minijobs » n’offrent au maximum que 400 euros net par mois pour un temps partiel, en moyenne à 5 euros brut de l’heure, sans droits à la retraite, et ils se sont développés de façon importante dans les secteurs de la restauration et du commerce. Ils concernent respectivement plus de 60 % et de 40 % de l’ensemble des employés de ces deux secteurs.
La société française n’a pas toujours conscience qu’elle refuse de façon récurrente de faire baisser le chômage en créant des emplois qu’elle juge indécents. Nous n’avons rien essayé, peut-être à juste titre, mais souvent en refusant de considérer a priori cette alternative ; non en raison de la contradiction réelle entre égalité et emploi, mais au contraire en raison d’une supposée absence de contradiction, selon une logique keynésienne mal comprise par laquelle un salaire minimum élevé permettrait de soutenir le revenu des travailleurs pauvres et donc leur consommation. En réalité, rien n’assure que ces revenus se traduisent par une demande plus élevée dans les secteurs employant au salaire minimum, a fortiori si dans ces derniers les entreprises doivent augmenter fortement leur prix de vente pour répercuter les coûts salariaux. Sans hausse forte de la productivité, il ne reste à la fin qu’un handicap souvent insurmontable.
En vérité, le chômage des travailleurs les moins qualifiés est un choix, pas une fatalité. Il n’est pas vrai que des salaires très faibles ne permettent pas de réduire le chômage, lorsque ce dernier est d’abord un phénomène qui touche les travailleurs les moins qualifiés. Ce point doit d’abord être reconnu pour poser le débat sur des bases claires. Confrontés à l’expérience allemande, ceux qui sont les plus réfractaires à une baisse du smic ont dû se ranger à l’évidence : oui, l’absence de salaire minimum en Allemagne a bien permis d’augmenter l’emploi dans le secteur des services, participant fortement à la baisse du taux de chômage. Ils sont finalement contraints de dévoiler le fond de leur conviction : non, ce n’est pas acceptable compte tenu de la faiblesse des salaires versés et du développement des temps partiels, qui augmentent le nombre de working poor. D’une certaine façon, l’expérience allemande, très médiatisée en France, permet de faire tomber les masques et doit permettre d’imposer un débat explicite. Ce débat douloureux doit s’ouvrir sans a priori, sans nécessairement vouloir trancher dans le même sens que nos voisins allemands.
Comme toujours, on aimerait qu’une alternative à ce dilemme soit possible, la sortie par le haut dont on rêve, l’alternative où les travailleurs non qualifiés se transformeraient en travailleurs qualifiés. On peut bien sûr le regretter, mais c’est un fait : cette situation rêvée n’existe pas en réalité.
Un salaire minimum élevé pour quelle finalité ?
Il est frappant de constater que les trois pays industrialisés les moins inégalitaires, la Finlande, le Danemark, la Suède, n’ont pas de salaire minimum légal. D’ailleurs, il n’y a pas eu de baisse significative du taux de pauvreté en France au cours des années 2000 pendant lesquelles le smic a le plus augmenté, aussi bien en termes de pouvoir d’achat que relativement au salaire médian. Comme le soulignent Pierre Cahuc, Gilbert Cette et André Zylberberg, le sort des pauvres dans la population dépend de leur situation face à l’emploi. En France, le salaire minimum permet de sortir de la pauvreté ceux qui travaillent, au moins à temps plein, mais accentue la pauvreté en dehors de l’emploi, de façon moins visible, en diminuant la possibilité de revenir à l’emploi pour les non-qualifiés. C’est donc un choix très fort et symbolique que de maintenir ceux qui travaillent hors de la pauvreté, au risque d’augmenter celle des autres restés en dehors de l’emploi.
Comment expliquer ce choix en France ? Plus que la réduction des inégalités entre individus, le salaire minimum est perçu comme un soutien au pouvoir de négociation des travailleurs par rapport aux entreprises, une façon de peser sur le partage salaire-profit, puisque le niveau du smic pousse en fait à la hausse l’ensemble des salaires en France. Le débat autour du smic et sa virulence ne peuvent se comprendre en dehors d’un contexte où la thématique marxiste de l’exploitation du travail par le capital pèse de tout son poids. Travailler pour trop peu, c’est se faire exploiter d’autant plus. Le salaire minimum cristallise cette histoire sociale et la France fait figure d’exception dans le monde développé : la précarité par le chômage et l’inactivité y sont acceptées, mais elles sont beaucoup plus tolérables que les inégalités de salaires, car ces dernières portent la marque de la perte de pouvoir des travailleurs face au capital. D’une certaine façon, la société française semble accepter comme une fatalité les inégalités hors du marché du travail alors qu’elle voit dans les inégalités de salaires la responsabilité insupportable du capitalisme et la preuve de l’exploitation du travail par le capital.
Dans cette vision, l’emploi ne serait pas menacé car la profitabilité des entreprises ne serait que réduite, aucunement détruite. Logiquement, aucune intervention publique ne devrait alors chercher à aller à l’encontre de ce choix. Or, ce n’est pas le cas. Les gouvernements, depuis vingt ans, par souci légitime de compenser les effets du salaire minimum sur l’emploi, se retrouvent embarqués dans une politique d’exonérations de charges patronales sur les bas salaires. Depuis 1993, la France mène ainsi une politique de réduction du coût du travail qui a conduit finalement à enlever la plus grande part des cotisations sociales patronales au niveau du smic, ces exonérations diminuant ensuite progressivement pour finir par s’annuler à un salaire égal à 1,6 smic. Il faut naturellement compenser ces moindres recettes pour les caisses de l’État providence par davantage de prélèvements sur les ménages à travers un basculement des cotisations sociales vers l’impôt des ménages, la contribution sociale généralisée (CSG) en particulier. Cette politique conduit à un transfert de plus 20 milliards d’euros des ménages vers les entreprises.
On ne mesure pas toujours combien l’existence d’un salaire minimum élevé entraîne toute une série de prélèvements sur les ménages. Au final, le salaire minimum est « payé » en partie par les ménages, en fait comme une prime d’assurance contre le risque de pauvreté au travail.

superbe


j'ai lu 4 lignes lol

Et en passant t'as bien dit de la merde sur les pyramides pendant qu'on y est...

This post was edited by zang_ifu on May 16 2016 05:51pm
Member
Posts: 9,837
Joined: Feb 20 2011
Gold: 4,815.00
May 17 2016 04:28am
Quote (F34RG0D @ May 16 2016 10:03pm)
La France a fait le choix de l’inactivité. Telle est la thèse de Jean-Olivier Hairault dans son dernier ouvrage qui parait jeudi, Ce modèle social que le monde ne nous envie plus (Editions Albin Michel). En voulant éviter le chômage, en veillant à préserver les salaires élevés, en refusant de créer des emplois peu qualifiés car jugés « indécents », nous avons récolté l’exact contraire. Le chercheur passe au crible tout ce qui a contribué à abîmer notre sacro-saint modèle social : le cercle vicieux du travailler toujours moins, les 35 heures, la retraite à 60 ans… L’Opinion dévoile les bonnes feuilles de cet essai passionnant. Fanny Guinochet
Le refus des « petits boulots »
Comment préserver la profitabilité des emplois à faible productivité lorsque le salaire minimum est relativement élevé ? Comment s’assurer de l’intérêt du travail dans des métiers souvent difficiles, mal payés, quand l’inactivité offre des conditions de revenu peu différentes ? L’ensemble des pays développés se sont trouvés confrontés à ces deux questions fondamentales, avec une intensité certes différente selon la générosité initiale de leur Etat providence. Ils vont y répondre selon une logique similaire, en mettant l’accent sur la sortie coûte que coûte de l’inactivité et du chômage, quitte à revoir à la baisse la générosité de leur modèle social. La France va se singulariser en résistant à ce qui est considéré comme une régression sociale, en tenant bon sur l’existence d’un salaire minimum et de minima sociaux relativement élevés, se protégeant avec ces deux verrous de la déferlante des « petits boulots » et de son lot d’inégalités.
Il existe un vrai dilemme, qu’il n’est d’ailleurs pas forcément souhaitable de régler toujours en faveur de l’emploi coûte que coûte. Mais il faut rejeter aussi bien l’idée que le salaire minimum et des minima sociaux relativement élevés seraient sans conséquence sur l’emploi que celle qui accepte sans état d’âme une paupérisation croissante dans le monde du travail au nom de l’emploi à tout prix. Certains peuvent se féliciter de l’expérience allemande à nos frontières depuis les réformes de Gerhard Schröder, avec sa réussite en termes de chômage, d’autres la regretter, face à la montée des working poor. C’est un arbitrage qui mérite d’être discuté et tranché de façon démocratique.
Un choix assumé ?
Certains continuent de (faire) croire que le salaire minimum n’est pas un problème pour l’emploi en France. Cela est vrai pour bon nombre de métiers, mais les expériences étrangères montrent qu’en l’absence d’un salaire minimum contraignant, on voit se créer de nombreux emplois à bas salaires. Les réformes Schröder ont fait sauter le verrou des emplois à (très) bas salaires en Allemagne : ces derniers se sont alors multipliés, au prix d’une hausse des inégalités salariales, à laquelle nous avons également assisté outre-Atlantique. Les working poor sont maintenant une réalité en Allemagne, mais le chômage atteint un minimum historique. Ainsi, plus de 17 % des salariés allemands gagnent moins de 8,50 euros de l’heure, le niveau du futur salaire minimum prévu pour 2015. C’est particulièrement le cas pour les Allemandes qui travaillent en outre souvent à temps partiel, surtout lorsqu’elles ont des enfants à charge. Les « minijobs » n’offrent au maximum que 400 euros net par mois pour un temps partiel, en moyenne à 5 euros brut de l’heure, sans droits à la retraite, et ils se sont développés de façon importante dans les secteurs de la restauration et du commerce. Ils concernent respectivement plus de 60 % et de 40 % de l’ensemble des employés de ces deux secteurs.
La société française n’a pas toujours conscience qu’elle refuse de façon récurrente de faire baisser le chômage en créant des emplois qu’elle juge indécents. Nous n’avons rien essayé, peut-être à juste titre, mais souvent en refusant de considérer a priori cette alternative ; non en raison de la contradiction réelle entre égalité et emploi, mais au contraire en raison d’une supposée absence de contradiction, selon une logique keynésienne mal comprise par laquelle un salaire minimum élevé permettrait de soutenir le revenu des travailleurs pauvres et donc leur consommation. En réalité, rien n’assure que ces revenus se traduisent par une demande plus élevée dans les secteurs employant au salaire minimum, a fortiori si dans ces derniers les entreprises doivent augmenter fortement leur prix de vente pour répercuter les coûts salariaux. Sans hausse forte de la productivité, il ne reste à la fin qu’un handicap souvent insurmontable.
En vérité, le chômage des travailleurs les moins qualifiés est un choix, pas une fatalité. Il n’est pas vrai que des salaires très faibles ne permettent pas de réduire le chômage, lorsque ce dernier est d’abord un phénomène qui touche les travailleurs les moins qualifiés. Ce point doit d’abord être reconnu pour poser le débat sur des bases claires. Confrontés à l’expérience allemande, ceux qui sont les plus réfractaires à une baisse du smic ont dû se ranger à l’évidence : oui, l’absence de salaire minimum en Allemagne a bien permis d’augmenter l’emploi dans le secteur des services, participant fortement à la baisse du taux de chômage. Ils sont finalement contraints de dévoiler le fond de leur conviction : non, ce n’est pas acceptable compte tenu de la faiblesse des salaires versés et du développement des temps partiels, qui augmentent le nombre de working poor. D’une certaine façon, l’expérience allemande, très médiatisée en France, permet de faire tomber les masques et doit permettre d’imposer un débat explicite. Ce débat douloureux doit s’ouvrir sans a priori, sans nécessairement vouloir trancher dans le même sens que nos voisins allemands.
Comme toujours, on aimerait qu’une alternative à ce dilemme soit possible, la sortie par le haut dont on rêve, l’alternative où les travailleurs non qualifiés se transformeraient en travailleurs qualifiés. On peut bien sûr le regretter, mais c’est un fait : cette situation rêvée n’existe pas en réalité.
Un salaire minimum élevé pour quelle finalité ?
Il est frappant de constater que les trois pays industrialisés les moins inégalitaires, la Finlande, le Danemark, la Suède, n’ont pas de salaire minimum légal. D’ailleurs, il n’y a pas eu de baisse significative du taux de pauvreté en France au cours des années 2000 pendant lesquelles le smic a le plus augmenté, aussi bien en termes de pouvoir d’achat que relativement au salaire médian. Comme le soulignent Pierre Cahuc, Gilbert Cette et André Zylberberg, le sort des pauvres dans la population dépend de leur situation face à l’emploi. En France, le salaire minimum permet de sortir de la pauvreté ceux qui travaillent, au moins à temps plein, mais accentue la pauvreté en dehors de l’emploi, de façon moins visible, en diminuant la possibilité de revenir à l’emploi pour les non-qualifiés. C’est donc un choix très fort et symbolique que de maintenir ceux qui travaillent hors de la pauvreté, au risque d’augmenter celle des autres restés en dehors de l’emploi.
Comment expliquer ce choix en France ? Plus que la réduction des inégalités entre individus, le salaire minimum est perçu comme un soutien au pouvoir de négociation des travailleurs par rapport aux entreprises, une façon de peser sur le partage salaire-profit, puisque le niveau du smic pousse en fait à la hausse l’ensemble des salaires en France. Le débat autour du smic et sa virulence ne peuvent se comprendre en dehors d’un contexte où la thématique marxiste de l’exploitation du travail par le capital pèse de tout son poids. Travailler pour trop peu, c’est se faire exploiter d’autant plus. Le salaire minimum cristallise cette histoire sociale et la France fait figure d’exception dans le monde développé : la précarité par le chômage et l’inactivité y sont acceptées, mais elles sont beaucoup plus tolérables que les inégalités de salaires, car ces dernières portent la marque de la perte de pouvoir des travailleurs face au capital. D’une certaine façon, la société française semble accepter comme une fatalité les inégalités hors du marché du travail alors qu’elle voit dans les inégalités de salaires la responsabilité insupportable du capitalisme et la preuve de l’exploitation du travail par le capital.
Dans cette vision, l’emploi ne serait pas menacé car la profitabilité des entreprises ne serait que réduite, aucunement détruite. Logiquement, aucune intervention publique ne devrait alors chercher à aller à l’encontre de ce choix. Or, ce n’est pas le cas. Les gouvernements, depuis vingt ans, par souci légitime de compenser les effets du salaire minimum sur l’emploi, se retrouvent embarqués dans une politique d’exonérations de charges patronales sur les bas salaires. Depuis 1993, la France mène ainsi une politique de réduction du coût du travail qui a conduit finalement à enlever la plus grande part des cotisations sociales patronales au niveau du smic, ces exonérations diminuant ensuite progressivement pour finir par s’annuler à un salaire égal à 1,6 smic. Il faut naturellement compenser ces moindres recettes pour les caisses de l’État providence par davantage de prélèvements sur les ménages à travers un basculement des cotisations sociales vers l’impôt des ménages, la contribution sociale généralisée (CSG) en particulier. Cette politique conduit à un transfert de plus 20 milliards d’euros des ménages vers les entreprises.
On ne mesure pas toujours combien l’existence d’un salaire minimum élevé entraîne toute une série de prélèvements sur les ménages. Au final, le salaire minimum est « payé » en partie par les ménages, en fait comme une prime d’assurance contre le risque de pauvreté au travail.

superbe


Pas un lien plutôt ?
Sur jsp c'est illisible ce genre de pavés.

edit: t'as vu "Merci Patron" ? Il est bien ce film ?

This post was edited by TaGueule on May 17 2016 04:28am
Member
Posts: 6,997
Joined: Apr 19 2006
Gold: 13.00
May 17 2016 05:08am
oui il est bien, va le voir
Member
Posts: 12,838
Joined: Nov 29 2006
Gold: 3,750.02
May 17 2016 05:23am
Quote (F34RG0D @ Apr 14 2016 03:39pm)
oui les égyptiens étaient bien plus intelligents que nous à l'époque, je ne le nie pas. Par contre la fin c'est pas vrai, n'importe quel pays peut les reproduire, c'est juste que ça n'a aucun intérêt...
pour le reste il y a beaucoup de si. Or tout ce que tu dis n'est pas arrivé, c'est bien la preuve que la réalité est à l'opposé de ce que tu déclares.


Exemple qui s'applique sur à peu près tous tes dires : tu ne sais pas de quoi tu putain de parles. Ton manque de culture est crasse mec, t'as pas honte ? xD

This post was edited by Team_ifu on May 17 2016 05:24am
Go Back To Français Topic List
Prev1319320321322323491Next
Add Reply New Topic New Poll