Quote (Cartago @ Jan 29 2016 05:41pm)
jsais pas si certains d'entre vous ont lu L'insurrection qui vient , c'est assez sympa, y'a des passages qui parlent beaucoup
après je l'ai pas encore fini j'en suis à la moitié donc je ne sais pas trop quel est le message qu'ils cherchent à véhiculer so far
Je viens de le lire. C'est l'oeuvre subversive d'anarchistes anti-républicains qui voudraient refaire le coup de la commune de 1871.
J'ai pris en note les passages "importants" de l'ouvrage :
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Cette population flottante doit être occupée, ou tenue. Or on n’a pas trouvé à ce jour de meilleure méthode disciplinaire que le salariat. [...]
Il faudra donc poursuivre le démantèlement des «acquis sociaux » afin de ramener dans le giron salarial les plus rétifs, ceux qui ne se rendent que face à l’alternative entre crever de faim et croupir en taule. [...]
Travailler, aujourd’hui se rattache moins à la nécessité économique de produire des marchandises qu’à la nécessité politique de produire des producteurs et des consommateurs, de sauver par tous les moyens l’ordre du travail. [...]
Ce n’est pas l’économie qui est en crise, c’est l’économie qui est la crise; ce n’est pas le travail qui manque, c’est le travail qui est en trop ; tout bien pesé, ce n’est pas la crise, mais la croissance qui nous déprime. [...]
Il n’y a plus à attendre – une éclaircie, la révolution, l’apocalypse nucléaire ou un mouvement social.
Attendre encore est une folie. La catastrophe n’est pas ce qui vient, mais ce qui est là. Nous nous situons d’ores et déjà dans le mouvement d’effondrement d’une civilisation. C’est là qu’il faut prendre parti.
Ne plus attendre, c’est d’une manière ou d’une autre entrer dans la logique insurrectionnelle. C’est entendre à nouveau, dans la voix de nos gouvernants, le léger tremblement de terreur qui ne les quitte jamais. Car gouverner n’a jamais été autre chose que repousser par mille subterfuges le moment où la foule vous pendra, et tout acte de gouvernement rien qu’une façon de ne pas perdre le contrôle de la population. [...]
Pour la méthode, retenons du sabotage le principe suivant : un minimum de risque dans l’action, un minimum de temps, un maximum de dommages.
Pour la stratégie, on se souviendra qu’un obstacle renversé mais non submergé – un espace libéré mais non habité – est aisément remplacé par un autre obstacle, plus résistant et moins attaquable.
Inutile de s’appesantir sur les trois types de sabotage ouvrier : ralentir le travail, du « va-y mollo» à la grève du zèle; casser les machines, ou en entraver la marche ; ébruiter les secrets de l’entreprise. [...]
Nous vivons sous occupation, sous occupation policière. Les rafles de sans-papiers en pleine rue, les voitures banalisées sillonnant les boulevards, la pacification des quartiers de la métropole par des techniques forgées dans les colonies, les déclamations du ministre de l’Intérieur contre les « bandes » dignes de la guerre d’Algérie nous le rappellent quotidiennement. [...]
Il faut le 18 mars 1871. L’armée dans les rues, c’est une situation insurrectionnelle. L’armée entrée en action, c’est l’issue qui se précipite. Chacun se voit sommé de prendre position, de choisir entre l’anarchie et la peur de l’anarchie. C’est comme force politique qu’une insurrection triomphe. Politiquement, il n’est pas impossible d’avoir raison d’une armée. [...]
Partout où l’économie est bloquée, où la police est neutralisée, il importe de mettre le moins de pathos possible dans le renversement des autorités. Elles sont à déposer avec une désinvolture et une dérision scrupuleuses. [...] "
Si leur critique du monde du travail, et de l'économie en général, est plutôt pertinente, pour le reste je trouve que les constats dressés sont excessivement noirs, pessimistes, si ce n'est complètement faux, voire malhonnêtes (notamment sur leur critique de la République).
Et puis les solutions "miracle" prônées, assez peu précises au fond, la commune (!!!), et l'abandon de l'argent, sont archaïques, et ne répondent même pas aux problèmes posés. Notamment, comment se répartirait-on le travail ? Et sans police, vivrait-on en paix ?
Pour ce genre de lecture, pour ceux qui voudraient connaître une méthode précise pour mener à bien une révolution, je vous conseille un ouvrage, certes ancien, mais qui a été pris comme ouvrage de référence pour ceux qui ont mené les révolutions russes en 1917 ou spartakistes en Allemagne dans les années 1918-1919, voire aussi ceux qui ont dressé les barricades dans Paris en 1968 :
Il s'agit du livre d'Auguste Blanqui,
'Instructions pour une prise d'armes".
Mais bon, je demeure un républicain convaincu ...
This post was edited by dijonnais on Jan 30 2016 05:59am