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Jan 24 2014 02:57pm
Quel genre de vie est digne d'un homme et permet de procurer le bonheur ?

La vie heureuse consisterait-elle à entretenir les passions les plus fortes et à être capable de leur donner satisfaction ? Auquel cas le bonheur se trouverait dans une vie intempérante qui accumule les plaisirs les plus intenses. Ici le plaisir est le Bien tout entier en tant qu'il est l'expérience exaltante de la démesure , de l'illimité et de l'excès : c'est le "toujours plus" du désir, son avidité et son instabilité qui donnent le sentiment même de la vie. Mais c'est une vie servile. Une vie de plaisirs n'est pas heureuse, elle n'est ni juste, ni utile, ni profitable à soi-même. Le rêve de toute-puissance, lorsqu'il se réalise, ne tient pas toutes ses promesses. Il faut donc en comprendre l'inanité et chercher le bonheur dans une autre direction.

Est-ce en la vie de plaisir que peut consister le bonheur ?

Il faut d'abord définir ce qu'est la vie "bonne" : c'est, je crois, la vie qui serait digne d'être choisie pour elle-même en tant que plus rien ne laisserait à désirer. Deux principes de vie entrent en concurrence pour incarner ce bien parfait : c'est la pensée et le plaisir. Mais il faut dépasser cette alternative : une vie de l'intellect qui serait sans affect (et sans plaisir) ne serait pas une vie humaine ; une vie qui exclurait toute pensée pour se consacrer au seul plaisir ne pourrait même pas éprouver de plaisir. La vie bonne ne peut donc être qu'une vie mixte

Mais considérons un instant le plaisir : si l'expérience même du plaisir implique la pensée, alors le plaisir est ignorant de lui-même ; il faut donc distinguer les plaisirs qu'une vie bonne peut conserver et ceux qu'elle doit exclure. Or la plupart des plaisirs comportent une contradiction interne : étant la restauration d'un état d'équilibre qui s'est rompu, ils sont précédés d'une douleur, douleur qui est celle du désir et du manque. Autrement dit, celui qui éprouve les plaisirs les plus violents est en même temps celui qui connait la plus forte démangeaison du désir. Dès lors, la vie de plaisir est en réalité une vie insatisfaite et contrainte à se fuir-elle même dans une sempiternelle anticipation de ce qui viendrait la combler. Il faut donc bien, au nom de la vie heureuse, sélectionner les plaisirs capables de contenter l'homme. Ces plaisirs sont essentiellement ceux de la pensée, mais on peut leur ajouter certains plaisirs corporels. Les seuls véritables plaisirs sont les plaisirs qui nous sont bons, c'est à dire profitables.

Ainsi, même Akynuz - dont je viens de brosser le portrait comme l'aura compris le lecteur averti - sera contraint d'avouer que l'on ne doit chercher, s'agissant des plaisirs du corps par exemple, que ceux qui contribuent à la santé : en conséquence il faut poursuivre l'agréable en vue de notre bien et fuir les plaisirs qui nous sons nuisibles. Le seul plaisir est donc insuffisant à nous donner une règle de vie ; c'est lui qui, au contraire, doit être réglé par la connaissance du profitable. Cette connaissance requiert une compétence. Il nous appartient donc de chercher, au-delà du plaisir, ce qui est véritablement bon pour notre être tout entier et de nous interroger sur celui qui a la compétence en ce domaine : le sage, qui, parce qu'il est vertueux, parce qu'il est prudent, tempérant, courageux et juste, sera à-même de trouver le Bien et par là même le bonheur.

This post was edited by Certes on Jan 24 2014 03:01pm
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Jan 24 2014 03:05pm
Quote (Certes @ Jan 24 2014 09:57pm)
Quel genre de vie est digne d'un homme et permet de procurer le bonheur ?

La vie heureuse consisterait-elle à entretenir les passions les plus fortes et à être capable de leur donner satisfaction ? Auquel cas le bonheur se trouverait dans une vie intempérante qui accumule les plaisirs les plus intenses. Ici le plaisir est le Bien tout entier en tant qu'il est l'expérience exaltante de la démesure , de l'illimité et de l'excès : c'est le "toujours plus" du désir, son avidité et son instabilité qui donnent le sentiment même de la vie. Mais c'est une vie servile. Une vie de plaisirs n'est pas heureuse, elle n'est ni juste, ni utile, ni profitable à soi-même. Le rêve de toute-puissance, lorsqu'il se réalise, ne tient pas toutes ses promesses. Il faut donc en comprendre l'inanité et chercher le bonheur dans une autre direction.

Est-ce en la vie de plaisir que peut consister le bonheur ?

Il faut d'abord définir ce qu'est la vie "bonne" : c'est, je crois, la vie qui serait digne d'être choisie pour elle-même en tant que plus rien ne laisserait à désirer. Deux principes de vie entrent en concurrence pour incarner ce bien parfait : c'est la pensée et le plaisir. Mais il faut dépasser cette alternative : une vie de l'intellect qui serait sans affect (et sans plaisir) ne serait pas une vie humaine ; une vie qui exclurait toute pensée pour se consacrer au seul plaisir ne pourrait même pas éprouver de plaisir. La vie bonne ne peut donc être qu'une vie mixte

Mais considérons un instant le plaisir : si l'expérience même du plaisir implique la pensée, alors le plaisir est ignorant de lui-même ; il faut donc distinguer les plaisirs qu'une vie bonne peut conserver et ceux qu'elle doit exclure. Or la plupart des plaisirs comportent une contradiction interne : étant la restauration d'un état d'équilibre qui s'est rompu, ils sont précédés d'une douleur, douleur qui est celle du désir et du manque. Autrement dit, celui qui éprouve les plaisirs les plus violents est en même temps celui qui connait la plus forte démangeaison du désir. Dès lors, la vie de plaisir est en réalité une vie insatisfaite et contrainte à se fuir-elle même dans une sempiternelle anticipation de ce qui viendrait la combler. Il faut donc bien, au nom de la vie heureuse, sélectionner les plaisirs capables de contenter l'homme. Ces plaisirs sont essentiellement ceux de la pensée, mais on peut leur ajouter certains plaisirs corporels. Les seuls véritables plaisirs qui nous sont bons, c'est à dire profitables.

Ainsi, même Akynuz - dont je viens de brosser le portrait comme l'aura compris le lecteur averti - sera contraint d'avouer que l'on ne doit chercher, s'agissant des plaisirs du corps par exemple, que ceux qui contribuent à la santé : en conséquence il faut poursuivre l'agréable en vue de notre bien et fuir les plaisirs qui nous sons nuisibles. Le seul plaisir est donc insuffisant à nous donner une règle de vie ; c'est ui qui, au contraire, doit être réglé par la connaissance du profitable. Cette connaissance requiert une connaissance. Il nous appartient donc de chercher, au-delà du plaisir, ce qui est véritablement bon pour notre être tout entier et de nous interroger sur celui qui a la compétence en ce domaine : le sage, qui, parce qu'il est vertueux, parce qu'il est prudent, tempérant, courageux et juste, sera à-même de trouver le Bien et par là même le bonheur.


Putain, respect.

edit: Qu'as-tu lu pour faire une synthèse pareille ?

This post was edited by TaGueule on Jan 24 2014 03:08pm
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Jan 24 2014 03:06pm
mdr il s'est cru dans un amphithéâtre l'autre
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Jan 24 2014 03:24pm
Quote (Certes @ Jan 24 2014 09:57pm)
Quel genre de vie est digne d'un homme et permet de procurer le bonheur ?
etc


J'arrive pas à comprendre la manie que les philosophes ont de vouloir définir des règles universelles qui pourraient s'appliquer à tous les êtres humains (j'y reviens dans un instant) et encore moins le fait qu'on cherche à inculquer ça à des personnes visiblement incapables de le comprendre avec des mots super compliqués tout en faisant des phrases qui n'en finissent pas, c'est ce qu'on fait en philo en ce moment et à par quelques exeptions la majorité de la classe se contente d'apprendre tout ça par coeur comme si c'était juste un cours comme un autre, j'oserais pas parler de lavage de cerveau mais on leur apprend ça comme un cours normal alors qu'on parle de manière de penser et de vivre et que dans quelques mois on va les évaluer lors d'un examen sur ces connaissances comme si il s'agissait d'une vérité absolue

Pour en revenir au bonheur et tous les mots compliqués qui s'y rapportent je pense pas qu'on puisse définir une seule et unique manière d'être heureux vu que tous les êtres humains sont différents chacun voit ça d'une manière différente et je comprends pas qu'on puisse s'imaginer une règle universelle pour des choses comme ça ou même de quel droit tu peux dire qu'"il faut poursuivre l'agréable en vue de notre bien et fuir les plaisirs qui nous sons nuisibles", je vois pas en quoi c'est une nécessité ou un devoir de ne pas nuir à sa santé et comme je l'ai déjà dit je peux comprendre que ça soit un point de vue personnel mais que tu veuilles appliquer ça à tous les êtres humains non
On pourrait aussi parler de la morale dans le même genre mais j'pense que ça sera assez stérile comme discussion

This post was edited by bobsux on Jan 24 2014 03:27pm
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Quote (Agarwaen @ Jan 24 2014 09:17pm)
Pour en revenir à Akynuz l'argent ne le rend pas heureux, il en jouit. Spa pareil.


Il aurait pu nettoyer après quand même, là ça fais dégueulasse
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Jan 24 2014 03:49pm
Quote (TaGueule @ Jan 24 2014 10:05pm)
Putain, respect.

edit: Qu'as-tu lu pour faire une synthèse pareille ?


Platon.

Quote (bobsux @ Jan 24 2014 10:24pm)
J'arrive pas à comprendre la manie que les philosophes ont de vouloir définir des règles universelles qui pourraient s'appliquer à tous les êtres humains (j'y reviens dans un instant) et encore moins le fait qu'on cherche à inculquer ça à des personnes visiblement incapables de le comprendre avec des mots super compliqués tout en faisant des phrases qui n'en finissent pas, c'est ce qu'on fait en philo en ce moment et à par quelques exeptions la majorité de la classe se contente d'apprendre tout ça par coeur comme si c'était juste un cours comme un autre, j'oserais pas parler de lavage de cerveau mais on leur apprend ça comme un cours normal alors qu'on parle de manière de penser et de vivre et que dans quelques mois on va les évaluer lors d'un examen sur ces connaissances comme si il s'agissait d'une vérité absolue


Yep je suis désolé si c'est un peu "compliqué" - même si je prétends pas balancer une vulgate de ma pensée. A ma décharge, lorsqu'on veut creuser, on doit en passer par la technicité.

Quote (bobsux @ Jan 24 2014 10:24pm)
Pour en revenir au bonheur et tous les mots compliqués qui s'y rapportent je pense pas qu'on puisse définir une seule et unique manière d'être heureux vu que tous les êtres humains sont différents chacun voit ça d'une manière différente et je comprends pas qu'on puisse s'imaginer une règle universelle pour des choses comme ça ou même de quel droit tu peux dire qu'"il faut poursuivre l'agréable en vue de notre bien et fuir les plaisirs qui nous sons nuisibles", je vois pas en quoi c'est une nécessité ou un devoir de ne pas nuir à sa santé et comme je l'ai déjà dit je peux comprendre que ça soit un point de vue personnel mais que tu veuilles appliquer ça à tous les êtres humains non
On pourrait aussi parler de la morale dans le même genre mais j'pense que ça sera assez stérile comme discussion


Eh bien moi je pense qu'il existe un bonheur en soi (ta règle universelle). Pour le vérifier il suffirait tout simplement de demander à autrui ce qui ferait son bonheur ; et crois-moi bien que chacun répondrait plus ou moins la même chose - pense à l'amour, l'amitié, l'aisance, etc.

This post was edited by Certes on Jan 24 2014 03:58pm
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Jan 24 2014 05:03pm
Le problème mon petit gars, c'est que tu places le bonheur entre les mains du sage, qui reste une figure mythique.
Si j'me trompe pas, tu dois être un lecteur de philosophie antique entre autre : est-ce que tu réalises que le sage représente plus un idéal qu'un individu à proprement parler ? C'est pas pour rien que selon la tradition grecque, le sage n'apparaît que tous les 500 ans.
Tu fais reposer la recherche du bonheur sur une pure dialectique plaisir / pensée, et quoi que ça puisse être partagé par pas mal de gens, le bonheur est quelque chose de beaucoup plus profond à mon avis.
Ce qui caractérise proprement le bonheur c'est un état d'ataraxie, et même dans cet état d'ataraxie, on ne pourrait éprouver le bonheur en tant que tel, parce que l'ataraxie est une disposition particulière épurée de tout affect, ce qui fait que le bonheur n'est certainement pas une jouissance, mais une sorte d'harmonie cosmique imperturbable.

Mais en fin de compte, ton raisonnement arrive à cette conclusion : puisque le sage est une figure idéale, le bonheur est forcément un concept abstrait qui sert lui-même à représenter l'apogée de l'épanouissement qui se dissout à son tour pour prendre une autre forme qui est celle de l'ataraxie. En d'autres termes, le bonheur reste fondamentalement quelque chose d'imperceptible, c'est juste un vocable qui sert à couvrir une fantaisie à laquelle l'homme aspire.

J'ai pas lu tout le topic, mais dans tous les cas, ça m'étonnerait que Akynuz soit allé aussi loin en prétendant trouver le "bonheur" dans les biens matériels, et même si il a utilisé ce terme, c'était peut-être pour désigner une autre réalité.
Le fait de monter sur ces grands chevaux et d'essayer de le foudroyer avec ton jargon philosophique prête plus à rire qu'autre chose.

Mais bon j'suis ravi de voir que ça philosophe dur par ici, même si la philo morale, et notamment le domaine éthique, on y trouve pas grand chose d'intéressant quand on ne s'attache qu'à ça imo.
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Jan 24 2014 05:19pm
Quote (Akiba @ Jan 25 2014 12:03am)
Le problème mon petit gars, c'est que tu places le bonheur entre les mains du sage, qui reste une figure mythique.
Si j'me trompe pas, tu dois être un lecteur de philosophie antique entre autre : est-ce que tu réalises que le sage représente plus un idéal qu'un individu à proprement parler ? C'est pas pour rien que selon la tradition grecque, le sage n'apparaît que tous les 500 ans.
Tu fais reposer la recherche du bonheur sur une pure dialectique plaisir / pensée, et quoi que ça puisse être partagé par pas mal de gens, le bonheur est quelque chose de beaucoup plus profond à mon avis.
Ce qui caractérise proprement le bonheur c'est un état d'ataraxie, et même dans cet état d'ataraxie, on ne pourrait éprouver le bonheur en tant que tel, parce que l'ataraxie est une disposition particulière épurée de tout affect, ce qui fait que le bonheur n'est certainement pas une jouissance, mais une sorte d'harmonie cosmique imperturbable.

Mais en fin de compte, ton raisonnement arrive à cette conclusion : puisque le sage est une figure idéale, le bonheur est forcément un concept abstrait qui sert lui-même à représenter l'apogée de l'épanouissement qui se dissout à son tour pour prendre une autre forme qui est celle de l'ataraxie. En d'autres termes, le bonheur reste fondamentalement quelque chose d'imperceptible, c'est juste un vocable qui sert à couvrir une fantaisie à laquelle l'homme aspire.

J'ai pas lu tout le topic, mais dans tous les cas, ça m'étonnerait que Akynuz soit allé aussi loin en prétendant trouver le "bonheur" dans les biens matériels, et même si il a utilisé ce terme, c'était peut-être pour désigner une autre réalité.
Le fait de monter sur ces grands chevaux et d'essayer de le foudroyer avec ton jargon philosophique prête plus à rire qu'autre chose.

Mais bon j'suis ravi de voir que ça philosophe dur par ici, même si la philo morale, et notamment le domaine éthique, on y trouve pas grand chose d'intéressant quand on ne s'attache qu'à ça imo.


Un lecteur de philosophie antique, c'est juste. Contrairement à toi je pense que la sagesse n'est pas un horizon inatteignable mais ce vers quoi doit tendre l'individu.

Tu poses de façon bien lapidaire que la dialectique plaisir / pensée serait lacunaire pour atteindre l'ataraxie. Peux-tu élaborer ?

Akynuz a posé très explicitement que argent = bonheur, ça t'évitera de lire tout le topic.
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Jan 24 2014 05:23pm
Quote (Certes @ Jan 24 2014 10:49pm)
Platon.



Yep je suis désolé si c'est un peu "compliqué" - même si je prétends pas balancer une vulgate de ma pensée. A ma décharge, lorsqu'on veut creuser, on doit en passer par la technicité.



Eh bien moi je pense qu'il existe un bonheur en soi (ta règle universelle). Pour le vérifier il suffirait tout simplement de demander à autrui ce qui ferait son bonheur ; et crois-moi bien que chacun répondrait plus ou moins la même chose - pense à l'amour, l'amitié, l'aisance, etc.


Si tu interroges les personnes completement écervelées auquelles on a appris depuis leur plus jeune âge que le bonheur se réduisait seulement à certaines choses en rajoutant les cours de philo du lycée et en plus notre bonne vieille morale qui fait qu'on peut pas faire certaines choses parce que c'est "mal" c'est sûr que t'auras plus ou moins la même réponse à chaque fois, et pour ma part j'en ai une vision tout à fait différente ce qui me suffit à dire que la fameuse règle universelle n'existe pas (et même un "plus ou moins" c'est pas EXACTEMENT la même réponse pour chaque personne)
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Jan 24 2014 05:32pm
Le bonheur est différent pour chacun de nous imo.
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