Quote (ShaY @ Oct 28 2015 10:29am)
Hitler etait indéniablement de gauche pour le travail et l’économie, mais sa politique économique était particulièrement vertueuse, je rappelle qu'en 10 ans il est passé d'un pays exsangue par le traité de versaille et 14/18 en une puissance economique et industrielle de premier plan, seulement dépassé par les US.
Par contre niveau mœurs il était dans la plus pure tradition nationaliste. préférence nationale, les 3 K.
Mais si on considère la droite au niveau patronal, libéralisme et tout pour les riches (reducteur ofc)
et la gauche niveau social il etait de gauche, celui qui fait une voiture pas cher pour le peuple, c'est lui.
/e et encore une fois le socialisme peut s'enorgeuillir en cachete de sa reussite economique, et ce avant le STO ofc
ShaY, tu te trompes. La politique nazie n'a jamais été de gauche, même au niveau économique.
S'il est vrai qu'Hitler a fait campagne (avant 1933) sur des thèmes économiques de gauche (par simple démagogie) , il ne les a en réalité JAMAIS mis en oeuvre. Au contraire, d'un point de vue économique, sa politique a été purement capitaliste et antisocialiste.
Pour t'en convaincre, voici quelques extraits de l'article que j'ai cité dans mon dernier post :
Ian Kershaw dans Qu’est-ce que le nazisme ? montre que les discours « révolutionnaires » des nazis ne se sont absolument pas traduit par un bouleversement des rapports de production, pire, après 1933, la politique économique nazie a manifestement favorisé l’intérêt du patronat allemand et s’est traduite par un renforcement des grands groupes industriels privés qui « prennent une part active au pillage, à l’exploitation, à la destruction et au massacre dans les territoires occupés. »
Hitler n’a nationalisé aucune entreprise contrairement à son programme démagogique initial, il s’est au contraire lancé dans une campagne de privatisation à partir de 1933. Léon Dion, dans La révolution allemande au XX° siècle (1993), écrit que « le Troisième Reich, loin d’intensifier la socialisation de la vie économique, abandonna au contraire à l’initiative privée la presque totalité des secteurs de l’activité économique ». En effet comme le montre Dion, alors qu’en 1933, la propriété « publique » représentait à peine 5 % de la richesse nationale, la reprivatisation des entreprises rentables, dans la finance comme dans la production et les services publics, s’était opérée à un rythme de plus en plus rapide pour atteindre son paroxysme au cours des années 1936-1937. Comme le remarque Charles Bettelheim dans son livre L’économie allemande sous le nazisme : un aspect de la décadence du capitalisme (1946), ce processus s’inscrit dans la droite ligne de la logique du capitalisme qui « montre, depuis le dernier quart du XIXème siècle, que les périodes de crise sont des périodes d’étatisation, l’État se substituant à certains entrepreneurs défaillants, et les périodes de reprise économique des périodes de reprivatisation, l’État recédant aux capitalistes des entreprises à nouveau rentables. »
De même, Daniel Guérin écrit dans Fascisme et grand capital (1936) :
« A peine installé au pouvoir, le fascisme s’empresse de donner des preuves de sa bonne volonté au capitalisme privé. […] Hitler tient à manifester sa reconnaissance aux magnats de l’industrie lourde, aux Kirdorf, aux Thyssen. […] L’Etat leur restitue les Acieries Réunies (qui avaient été mises sous contrôle de l’Etat lors de leur relèvement sur fonds publics pour cause de faillite). […] Après le krach de 1931, la plupart des grandes banques étaient tombées sous le contrôle de l’Etat. […] La Deutsche Diskonto Bank, dès 1933, s’est vue restituer par l’Etat près de 20 millions de marks d’action […] L’Etat fasciste aide les magnats capitalistes à « produire du bénéfice » en leur accordant toutes sortes d’exonérations fiscales […] en les aidant à relever artificiellement leurs prix de vente […] en renflouant les entreprises défaillantes sans contrepartie. »
Au final, comme l’écrit historien spécialiste du fascisme Pierre Milza dans Les fascismes (1985), en Italie aussi bien qu’en Allemagne, « le fascisme au pouvoir aboutit au renforcement des structures capitalistes et accélère le processus de concentration [industriel] » inhérent au développement du capitalisme. En effet, entre 1932 et 1938 les profits ont augmenté de 130% alors que dans la même période des milliers de petites entreprises industrielles et commerciales faisaient faillite, un autre gage de la situation privilégiée dans laquelle baignait la grande bourgeoisie allemande.
Le prétendu socialisme d’Hitler, il n’y en a aucune trace. Plus encore, les syndicats furent interdits, seul subsistait le syndicat gouvernemental, donc bourgeois, le Front du travail, qui a fait interdire le droit de grève et qui, soumis au corporatisme d’Etat, avait pour but de convaincre les ouvriers de collaborer avec les capitalistes et de travailler davantage pour cette idée creuse de patrie (allongement de la durée de travail à 60-70 heures par semaine pour le bénéfice d’une petite minorité).
Dion écrit à propos de la condition ouvrière misérable sous le nazisme :
« Privés du droit de grève, incapables de faire valoir leurs revendications, les travailleurs furent soumis à une dure exploitation […] En 1938, le taux moyen des salaires horaires industriels se trouvait de 18 % inférieur au taux de 1929 et de seulement 9 % au-dessus de celui de 1932. En dépit d’une augmentation du nombre de travailleurs de près de trois millions par rapport à 1929 et de l’allongement de la journée de travail, le montant global des salaires, en 1938, demeurait encore inférieur à celui de 1929. Et, par rapport à 1932, en tenant compte d’une augmentation de 5% dans l’indice du coût de la vie, le revenu total réel des salariés n’avait augmenté, en 1928, que de 20 % alors que pendant la même période les profits s’étaient accrus de 127 %. »
This post was edited by dijonnais on Oct 28 2015 06:12pm