Quote (Troll @ 11 May 2013 14:22)
malgré les apparence, israel c'est pas encore la france hein grand
Les années suivant la Seconde Guerre mondiale se caractérisent par des relations ambigües entre la France et le Yichouv (communauté juive en Eretz Israël avant la création de l’État).
La politique du mouvement sioniste a revêtu avec la fin de la guerre une “orientation française” visant à s‘assurer le soutien de Paris. Cette politique résultait à la fois d’une perception romantique de la France et de son histoire et de considérations réalistes. Elle visait notamment à faciliter l’immigration des Juifs d’Europe en Eretz Israël et à obtenir un soutien important à la création, puis à la reconnaissance, de l’État juif1,2.
La France permettait aux dirigeants sionistes de mener des activités sur son territoire, d’envoyer sporadiquement des armes et d’organiser l’immigration juive à partir de ses ports. Finalement, elle a également voté en faveur du plan de partage de la Palestine mandataire par l’ONU le 29 novembre 19472.
Cette politique française était soutenue pour l’essentiel par certaines personnalités socialistes souvent Juifs et anciens résistants, tels que Léon Blum René Mayer ou Daniel Mayer, par le ministre de l’intérieur Edouard Depreux et par l’armée. En revanche, comme l‘ont montré les travaux de recherche du Dr. Tsilla Hershco, le Quai d’Orsay avait peu de sympathie pour le mouvement sioniste, et une attitude beaucoup plus ambivalente à son égard, inspirée par des considérations de realpolitik3.
La diplomatie française craignait notamment qu’un soutien au mouvement sioniste lui aliène le monde arabe et provoque une guerre au Proche-Orient qui nuise à ses intérêts4. La grande importance accordée alors par la France à ses relations avec les pays arabes est notamment révélée par son attitude dans l’affaire du Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini à qui la France avait offert l‘asile malgré sa collaboration avec les nazis et sa demande d’extradition en tant que criminel de guerre5.
Par ailleurs, avant la reconnaissance d‘Israël par la France en 1949, plusieurs désaccords importants existaient entre les deux pays concernant notamment le statut de Jérusalem et des Lieux saints et l’avenir des institutions françaises en Israël, sujet qui tenait particulièrement à cœur au Consul général de France à Jérusalem, René Neuville. La France conditionnait même la reconnaissance d’Israël au règlement de cette dernière question6.
Pour synthétiser, une théorie s'est faite jour : celle des "trois France" face à Israël 2. Premièrement, la France "fille aînée de l'Eglise", qui se préoccupe du sort de Jérusalem et des Lieux saints. Deuxièmement, la "Puissance méditerranéenne" qui se soucie de ses intérêts en Afrique du Nord et au Levant. Troisièmement, la France "humaniste et résistante", pays de l'Emancipation des Juifs, où se trouve la plus grande communauté juive d'Europe après la Seconde Guerre mondiale, et qui fait prévaloir les droits de l'Homme. Cette théorie permet de démêler les apparentes contradictions de la politique française à l'égard d'Israël. Elle explique notamment pourquoi Paris attend près d'un an avant de reconnaître officiellement l'Etat juif : la France "humaniste et résistante" pousse à une reconnaissance rapide de l'Etat d'Israël ; les tenants de la "Puissance méditerranéenne" s'y opposent par crainte des répercussions dans le monde arabe ; tandis qu'au nom des intérêts de la "Fille aînée de l'Eglise", le Quai d'Orsay conditionne toute reconnaissance d'Israël à la protection des Lieux saints et des établissements français.
C'est une histoire qui concerne le monde entiers pauvre abrutie.
This post was edited by Omniscientia on May 11 2013 06:26am