
Un tremblement de terre dévastateur
Les heures passent et les chances de retrouver des survivants dans les décombres en Haïti sont très, très minces, selon des spécialistes de la santé et de survie.
Voilà maintenant six jours que le terrible séisme a ravagé la capitale du pays, Port-au-Prince. Les recherches pour retrouver des gens encore en vie se poursuivent, mais l’espoir s’amenuise à mesure que le temps passe.
Trois jours sans eau
De façon générale, une personne en bonne santé vivra au maximum trois jours sans eau et trois semaines tout au plus sans nourriture.
«Après trois ou peut-être quatre jours, c’est un miracle si la personne survit», indique Benoit Garneau, porte-parole d’Urgences-santé.
«Il y a toujours des exceptions, mais c’est très rare que ça arrive. Le principal obstacle à la survie, ça va être les blessures qu’ils ont subies lors du tremblement de terre», explique Benoit Couture, propriétaire de l’entreprise Cardio Secours RCR et spécialiste de la survie en forêt.
M. Couture précise qu’en cas de blessure, «notre organisme dépensera beaucoup d’énergie à tenter de guérir la plaie ou de stopper l’hémorragie».
«En faisant cela, l’organisme ne se doute pas qu’on va rester au même endroit pendant plusieurs jours sans manger, ni boire, comme c’est le cas pour certaines personnes là-bas», dit-il.
Par conséquent, l’infection risque fort de se mettre de la partie.
«Plus le temps passe, plus notre corps va concentrer ses énergies vers les organes vitaux. L’infection risque alors de prendre de l’ampleur à un rythme accéléré», affirme l’expert, ajoutant que ça doit être très souffrant pour la victime.
Les chances s’amenuisent
Benoit Couture précise que pour une personne prisonnière sous les décombres et dépourvue d’eau et de toute nourriture, la meilleure chose à faire est d’attendre, tout en demeurant immobile de manière à économiser son énergie.
«C’est plate à dire, mais il n’y a pas grand-chose d’autre à faire», laisse-t-il tomber.
Pendant que l’aide internationale arrive au compte-gouttes à Haïti et que le nombre de morts continue d’augmenter, le ministre fédéral des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a admis lundi matin que «les probabilités de retrouver des gens sains et saufs s’amenuisent à mesure que les heures fuient».
Jusqu’à maintenant, au moins 70 000 personnes sont mortes à la suite de la catastrophe naturelle.